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Programme d'Autonomisation Economique des Jeunes et des Femmes du Burkina Faso

INVITE A LA UNE : « Le premier bassin d’emploi, c’est le grand secteur de l’agriculture où le Burkina a un potentiel » Alain Siri, SP/PNDES

Le Programme d’Autonomisation Economique des Jeunes et des Femmes (PAE/JF) fait partie des actions qui doivent concourir à dynamiser les secteurs porteurs pour l’économie et les emplois comme le vise l’axe trois du Plan National de Développement Economique et Social (PNDES). Comment cette dynamisation s’opère-t-elle ? Quels sont les secteurs d’emplois porteurs pour les jeunes et les femmes? Le Secrétaire Permanent du PNDES Alain Siri, économiste de formation, répond aux questions de Ali Taonsa (AT).

AT: Quelle est la politique du gouvernement pour lutter contre le chômage et le sous emplois des jeunes et des femmes, décrite dans le PNDES ?

SP/PNDES : Le plan national de Développement Economique et Social en tant que référentiel c’est-à-dire, cadre global d’intervention des politiques économiques, a des objectifs de lutte contre le chômage et le sous emploi des jeunes et des femmes. En la matière, la politique du gouvernement s’articule essentiellement autour de deux axes. Il y a des actions qui visent à briser fondamentalement le chômage et le sous-emploi des jeunes ; cela passe par le changement de la manière de former et d’éduquer la jeunesse burkinabé y compris les femmes en renforçant les formations professionnelles, cela passe aussi par un certain nombre d’investissements structurant de manière à créer les conditions de développement de secteurs majeurs tels que le secteur de la transformation qui fait partie du secteur industriel. Ce qui contribue aussi à créer des emplois.

A côté de ces actions au niveau fondamental, il y a des actions immédiates qui visent à donner un peu d’emploi dans l’urgence, à ceux qui sont dans le besoin. Ce sont les programmes de financement de l’auto-entreprenariat, de micros entreprises, des programmes qui facilitent l’accès aux financements, aux crédits agricoles et aux fonds de roulement agricole. A cela il faut ajouter les actions de formation professionnelle et d’accompagnement des apprenants qui sortent des centres de formation.

AT : Lorsque l’on parle de dynamiser les secteurs porteurs pour l’économie et les emplois, qu’est-ce que ça veut dire et à quoi cela renvoi?

SP/PNDES : oui ! Dynamiser les secteurs porteurs pour plus d’économie, donc pour plus de création de richesses et pour plus aussi de création d’emploi cela renvoi à mettre en place des politiques d’investissement comme on dit structurants, qui permet de structurer l’économie ; C’est investir pour briser le gap en termes d’infrastructures. Vous savez que les pays comme le Burkina, ont un déficit important en termes d’énergie électrique, donc on veut investir pour briser le déficit en termes d’électricité, de manière à permettre à tous les ménages et surtout aux entreprises d’accéder à l’énergie de bonne qualité et à moindre coût. Ça permet de réduire les coûts d’exploitation des entreprises à les rendre viables, à les rendre plus compétitives sur le marché.

Dans ces conditions elles peuvent créer des emplois. Qu’est-ce qu’on fait aussi ? C’est de construire des routes pour permettre d’évacuer rapidement les productions des fermes, des entreprises pour rallier rapidement les marchés ; c’est construire aussi la fibre optique pour permettre de fluidifier les télécommunications et baisser le coût des télécommunications. Ça c’est d’une part. D’autre part, il s’agit d’investir dans l’accompagnement de la productivité des différents secteurs que sont le secteur agricole. A ce niveau vous avez un paquet d’aménagement agricole et de retenu d’eau pour permettre de maîtriser l’eau dans la production agricole. Vous avez des investissements en termes d’aménagement des zones industrielles pour attirer les investissements privés, pour faciliter l’implantation des grandes entreprises dans les espaces aménagés. C’est également accompagner les industries de services pour faciliter les conditions d’exploitation des entreprises. Voilà en gros ce qui signifie dynamiser les secteurs porteurs pour l’économie et les emplois.

AT: Quels sont les secteurs porteurs pour l’économie dans lesquels les jeunes et les femmes burkinabé doivent investir ?

SP/PNDES : les secteurs porteurs dans lesquels les jeunes doivent investir sont nombreux. Mais le premier bassin d’emploi c’est le grand secteur de l’agriculture où le Burkina a un potentiel. Nous avons des terres qui sont fertiles, qui sont riches, nous avons aussi de l’eau qu’on peut bien maîtriser pour irriguer notre production. Nous avons aussi un territoire qui a une forte vocation en élevage. Il nous faut améliorer la productivité de notre élevage. Les jeunes qui travaillent dans ce grand secteur de l’agriculture y compris l’élevage ne sont pas formés. Y a moins de 2% de ceux qui y travaillent qui ont une formation qualifiée pour exploiter convenablement les fermes.

Toute la problématique c’est d’adapter justement la formation au besoin de notre économie. Ça c’est un grand secteur et puis bien attendu, il y a le secteur connexe qui est celui de la transformation des produits agricoles. Nos produits agricoles sont produits et vendus de façon brute, non transformés. Le lait par exemple il n’est pas transformé. Le lait transformé est importé. Pourquoi nous n’allons pas pouvoir transformer nous même notre lait. La viande, c’est le bétail qui est exporté sur pied. Nous devons transformer le bétail, l’abattre ici et exploiter la peau, exploiter les os, exploiter les sabots par exemple pour faire les boutons de nos habits au lieu de vendre le bœuf entier pour que les pays qui en consomment exploitent justement la peau. Ça ce n’est pas normal. Nos pouvons l’exploiter pour faire les ceintures, les chaussures, les sacs, etc. voilà toutes les problématiques qu’il faut que nous résolvons.

AT : Concrètement qu’est ce qui est prévu comme actions dans le domaine de l’employabilité des Jeunes ?

SP/PNDES : en matière de promotion de l’emploi pour les jeunes et les femmes, la matrice de reforme stratégique et d’investissement structurant prévoit un certain nombre de projets d’investissement. Certains sont des projets qui visent à renforcer la résilience, à réduire la vulnérabilité des enfants et des jeunes femmes en situation de difficultés de manière à les placer sur le chemin de l’employabilité plus tard, une fois qu’ils sont sortis de la vulnérabilité. Mais il y a d’autres projets, qui sont des projets véritablement de promotion de l’employabilité, de l’entrepreneuriat des jeunes et des femmes. Il y a le Programme d’Autonomisation Economique des Jeunes et des Femmes porté par le premier ministère et qui vise à financer sur trois ans, 30 000 micro-projets et à créer 90 000 emplois directs.

Egalement le projet de construction et de renforcement des capacités des centres d’accueil et de formation des enfants et des jeunes en situation de rue. C’est un projet qui est en cours d’étude et porté par le ministère en charge de la femme, de la solidarité nationale. Maintenant pour les projets qui visent à renforcer véritablement les capacités entrepreneuriales, il y a le projet de construction et d’équipement du centre national d’appui à la transformation artisanal du coton à Bobo-Dioulasso.

Vous savez très bien que la transformation du coton est un secteur dans lequel exerce beaucoup de femmes, donc c’est un projet qui va profiter aux jeunes femmes ; Il y a le programme de renforcement de la protection sociale des groupes vulnérables et des groupes défavorisés qui est un programme en cours de formalisation, c’est un programme qui se situe au niveau du ministère de la femme, de la solidarité nationale et de la famille ; il y a le programme intégré d’autonomisation économique de la femme au Burkina Faso qui est également porté par le ministère en charge de la femme, qui est aussi en recherche de financement pour accroître sa capacité d’intervention ; il y a le projet de création d’une agence d’octroi de crédits sociaux aux jeunes filles et aux femmes qui est en cours d’études. Il y a le projet de construction du centre de production et de formation pour les jeunes filles de Niassa et de Dédé au Sourou qui vise à renforcer l’autonomisation économique de la femme, dans le secteur de l’agriculture à apprendre aux femmes des métiers agricoles pour les exercer ; il y a le programme d’amélioration de l’employabilité, de la promotion, de l’insertion socioprofessionnelle des jeunes femmes qui est lui porté par le ministère de la jeunesse, de la formation et de l’insertion professionnelle. Il est également en court d’études.

En plus de ces programmes, il y a le projet incubateur pépinière hôtel d’entreprise dans le secteur de l’agroalimentaire qui est lancé et porté par le ministère en charge du commerce, qui va incuber une centaine d’entreprises dans le secteur de l’agroalimentaire. La première promotion de 25 entreprises est déjà enrôlée, la moitié sera constituée d’entreprises portées ou dirigées par des femmes. C’est dire que véritablement, la promotion de la jeune fille, de la femme, des jeunes est au cœur du Plan National de Développement Economique et Social.

AT : Quelles sont vos attentes par rapport au Programme d’Autonomisation Economique des Jeunes et des Femmes le PAE/JF, un des acteurs de l’axe 3 du PNDES ?

SP/PNDES: par rapport au Programme d’Autonomisation Economique des Jeunes et des Femmes, nos attentes sont simples. Que le programme contribue effectivement à créer des emplois en achevant le processus de remise des chèques. Que ces emplois soient décents c’est-à-dire déclarés à la sécurité sociale et qu’ils procurent à leurs détenteurs des revenus substantiels qui les placent au dessus du seuil de pauvreté. Nous souhaitons par ailleurs que les jeunes et les femmes soient bien compréhensibles et qu’ils puissent se soumettre aux mécanismes de financement et s’auto-entretenir en remboursant correctement les prêts qui leurs sont octroyés de manière à permettre aux générations futures, à leurs petits frères et petites sœurs de bénéficier également du soutien du programme dans les années à venir.

11/01/2018

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