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Programme d'Autonomisation Economique des Jeunes et des Femmes du Burkina Faso

Invité à la Une: Charlemagne Yaméogo, jeune promoteur basé à Koudougou

Lors du dépôt des dossiers des promoteurs de micro projets, des citoyens ont aidé des promoteurs à monter leur projet moyennant une somme fixe ou laissée à l’appréciation du client. La rétribution variait entre 300 à 30 000 FCFA selon les localités. Certains ont tout simplement fait du bénévolat. M. Charlemagne Yaméogo domicilié à Koudougou a élaboré des projets à 1000, 2000 ou zéro FCFA, la récompense ou non était laissée à l’appréciation du client. PAE/JF Burkina est allé à sa rencontre, il est responsable d’un cabinet d’Etudes.

PAE/JF Burkina : M.yaméogo quelle a été votre action pendant le dépôt des dossiers des promoteurs, pour le financement du crédit du Programme d’Autonomisation Economique des Jeunes et des Femmes ?

M. Yaméogo : Dans le cadre de la mise en œuvre du Programme d’Autonomisation Economique des Jeunes et des Femmes, j’ai aidé des promoteurs, jeunes comme femmes dans la ville de Koudougou à élaborer leurs projets. J’ai entendu parler du programme lorsque le premier ministre l’a lancé le 19 juin 2017.

PAE/JF Burkina : Comment cet appui a débuté, est ce que c’est le PAE/JF qui vous a contacté pour monter le dossier des promoteurs ou pas?

M. Yaméogo : Ah ! Non non non! En fait c’est un des volets de mon bureau d’étude. J’ai un bureau d’étude qui existe depuis 2004 et qui a été formalisé en 2016. C’est dans ce cadre que j’accompagne les initiateurs de projets, ceux qui veulent des projets ainsi que ceux qui veulent qu’on les aide dans la mise en œuvre. Donc, c’est dans le cadre des activités de mon bureau d’étude que j’ai accompagné des jeunes et des femmes à élaborer leur projet lorsque le PAE/JF a lancé l’opération de collecte des dossiers des promoteurs; puisse que sur les sites de dépôt l’on a constaté qu’il y avait beaucoup de gens qui ne pouvaient pas élaborer un plan d’affaire. C’est pour cela que nous avons proposé nos services, pour les aider à monter leurs projets. Rédiger un projet demande une spécialité.

 « Ah ! c’était une histoire au niveau du dépôt des dossiers » 

PAE/JF Burkina: Spécialité ? En quoi votre appui au niveau du remplissage des fiches a été différent de celui des autres acteurs qui étaient également sur le terrain pour aider les promoteurs ?

M. Yaméogo : Etant du domaine, j’ai travaillé avec des groupements, des associations, des organisations à base communautaire (OBC). Pour le cas précis du PAE/JF, pour élaborer les projets, je me suis déporté sur les sites des promoteurs qui m’ont confié leurs fiches afin de constater qu’ils veulent réellement mener une activité dans un lieu précis. J’avais un GPS qui me permettait de noter les références géographiques. Pour certains, j’ai inscrit des numéros GSP sur leur projet. J’ai aussi relevé les numéros de rues, de portes, etc. Tout ceci était demandé dans le canevas et lorsque l’on a ces informations sur le promoteur, ça permet de le localiser et ça facilite le suivi. Je tiens à dire que j’ai effectué la plupart de ces déplacements à mes propres frais.

PAE/JF Burkina : A combien remontait le prix de tout ça ? L’élaboration d’un projet ? combien les promoteurs vous ont donné?

M. Yaméogo : Certains promoteurs m’ont donné 2000 FCFA, d’autres 1000F et il y a en qui ne m’ont rien donné.

PAE/JF Burkina : En bon !
M. Yaméogo : Oui, y a beaucoup qui étaient illettrés et qui ne savaient même pas par où commencer.

PAE/JF Burkina : Ailleurs il y a d’autres qui ont pris 25 000, 30 000 FCFA ? 
Bon on ne peut pas trop les en vouloir comme il y avait le besoin, mais il faut à l’avenir recadrer les choses.

PAE/JF : Que pensez-vous de ces genres activités connexes qui se sont déroulées lors de l’appel à projet ?

M. Yaméogo : Aaah ! Bon ! (rires) Je pense qu’il y a lieu de le dire, les activités du programme ont commencé en trompe ! Mais pour les prochaines éditions, le PAE/JF gagnerait à approcher les bureaux d’études pour échanger avec ces derniers afin de voir dans quelle mesure on peut mettre en place un mécanisme d’accompagnement des jeunes et des femmes ne serait-ce que l’élaboration ou le suivi des projets. Sinon pour cette année c’était de façon spontanée que les gens proposaient leurs services aux promoteurs moyennant quelque chose. Je crois qu’à l’avenir il faudrait mieux calibrer ça. Il y a une formation de base que l’on doit avoir avant de pouvoir élaborer un projet.

PAEJF Burkina : Après le remplissage des dossiers, quelle a été la suite, est ce que votre tâche s’est arrêtée là ?

M. Yaméogo : Une fois le dossier déposé, je continuais à donner des conseils aux promoteurs que j’ai enregistrés. D’autre étaient inquiets car ils ne voyaient rien venir. Certains étaient découragés. Mais je les accompagnais en leur donnant des conseils, en les rassurant. Je suis même venu au siège du PAE/JF pour m’assurer que ça existe et qu’il ait des gens qui y travaillent. De retour à Koudougou, je faisais le feedback aux promoteurs et ça rassurait. C’est comme ça que les gens se donnaient les informations. Là où ça m’a beaucoup plu, c’est quand on a arrêté les listes des présélectionnés et qu’on est passé à l’étape des messages. Je crois que les premiers messages sont venus un samedi. Quand ils ont reçu les messages, ils m’ont fait le feedback de leur message. Malheureusement dans le lot de ceux dont les projets ont été retenus, il y a des gens qui sont illettrés. Ils n’ont même pas fait attention. J’étais obligé de les appeler individuellement pour dire que : ah ! Il y a des messages il faut lire. Ils m’ont fait savoir qu’ils ne savent pas lire. Donc, beaucoup se sont déportés dans mon bureau pour que je lise pour eux et expliquer. Signalons que j’ai écris trente (30) projets. Parmi ces projets 7 ont eu le financement, ça veut dire que la sélection était vraiment rigoureuse. Ceux qui n’ont pas eu le financement à mon niveau n’avaient pas de garantie. C’était là ma petite contribution au démarrage du programme.

PAE/JF Burkina: Quelles sont vos suggestions à l’endroit des acteurs du PAE/JF ?

M. Yaméogo : Ah ! Ça c’est très intéressant parce que, quand le Premier Ministre a annoncé le programme, nous avons pris ça avec des pincettes, parce que, avant il y a eu des programmes similaires qui n’ont pas satisfait la demande, on passait que c’était seulement de la politique. Nous sommes allés jusqu’au Premier Ministère même pour constater l’existence du programme ! Par la suite, quand les choses s’éclaircissaient, quand le terrain se balisait, c’est là que ça nous a beaucoup rassuré et ça nous a amené à encourager, non seulement les travailleurs du guichet unique, je le souligne parce que en son temps quand tu rentrais dans un bureau, tu pouvais trouver des dossiers jusqu’au plafond. Alors ça, vraiment ils ont travaillé nuit et jour ; 9a nous a aussi amener à encourager, ceux qui sont au PAE parce que quand j’arrivais dans leur bureau (je disais que je suis passé là bas plusieurs fois), je trouvais que vraiment les conditions au départ n’étaient pas ça mais ils travaillaient. Ils travaillaient là bas, ils travaillaient chez eux à domicile, ils travaillaient à l’université. Donc, tout ça j’ai su.

– Et les suggestions ? 

M. Yaméogo : A l’avenir, pour revenir à votre question, je dirais que comme l’Unité de Coordination est installée, avec tous ses éléments, je crois qu’il faut maintenant réfléchir pour voir comment on peut bien planifier, pour que non seulement il n’y ait plus de bousculade, et pour que les promoteurs s’imprègnent très bien du programme. En outre entre autres acteurs, le PAE pourrait travailler avec des bureaux d’études. Parce que nous sommes locaux, nous sommes dans les régions, nous ne pouvons pas dire que nous avons une connaissance parfaite de la situation économique, mais nous la connaissons un peu. Donc, nous pouvons en fait, leur fournir des éléments instantanés, actifs sur tout ce qui se passe sur le terrain. Leur être utile comme des relais. Donc, je demande au PAE de réfléchir à une forme de collaboration avec les bureaux d’études dans les provinces, dans les régions, au moins un bureau d’étude par région ou par province.
Donc c’est un appel que je voudrais lancer pour que l’on pense également aux acteurs locaux. Et puis, le Burkina a des universités dans les régions ! Ces lettrés qui sortent des régions créent leur emploi, créent leurs services, créent leur bureaux d’études. Donc il faut y penser !!!

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